Le spectacle fut à la hauteur de ce qu'il promettait. Je ne parlerai pas de la création, tout ce que j'en ai dit dans mon billet précédent y était, en plus aboutit. Je parlerai de l'ambiance.
Dans le public se côtoient toutes sortes de personnes. On devine ceux qui sont habitués à venir au théâtre à leur aisance, ils sont vêtus comme tous les jours, nonchalants, rien d'apprêter, ils vont au théâtre comme au restaurant ou au cinéma, irais je jusqu'à dire qu'ils consomment du spectacle ? Pour certains, oui sans doute. On y croise aussi ceux qui viennent pour la première fois, les parents des acteurs du soir, bien habillés, les femmes ont sorti leurs bijoux, leur plus beau boubou pour certaine, les foulard sont colorés. Il y a aussi les "djeuns", remuant, un tantinet provocateur de bourgeois et ça marche, un tantinet "jeunes cons" et je dis ça avec tendresse au fond. Ce qui est sûr, c'est que nous ne sommes pas à la messe théâtrale mais peut être bien dans l'arène du jeu antique.
A mes côtés une toute petite fille sur les genoux de son père, tour à tour se dandine au rythme de la musique, écoute avec attention, puis se bouche les oreilles.

J'entre dans le spectacle avec l'envie d'être avec eux sur scène, de partager cette grande fête tragique. Ils prennent leur pieds, les 150 amateurs, ça se voit, ça se sent. Certains d'entre eux profitent à fond, s'attardent un peu, qu'importe, la longueur ici est légitime, leur plaisir compte autant que le mien, le décuple. Quelques frissons viennent me prendre par surprise, même parfois ma gorge se noue, oui, parfois j'ai tout oublié, je suis devenue une vrai spectatrice. Je sors de là, de cette tragédie, avec l'envie de faire la fête. Je parlerai longtemps, très longtemps avec l'amie qui m'accompagne, comme une impossibilité à finir la soirée...

Pari fou que ce chantier, mais pari gagné haut la main. ça m'inspire du respect pour les maîtres d'œuvre, et une immense envie. Oui, j'adorerai faire parti de l'équipe des intervenants sur ce type d'aventure.