Cliquez sur la photo pour voir l'album. Photo Akynou.
Pour ceux qui n'auraient pas eu l'occasion de le lire :
Olaf et Julius cohabitent, co-existent... Ils sont sortis du monde et le regarde du haut de leur fenêtre avec ce mélange d'ironie et de tendresse. Surgit une jeune femme, Marie Steuber, avec elle, la vie, ses passions, ses douleurs, ses souvenirs, ses rencontres improbables, et celles qui sont inévitables. Le temps d'une vie ou celui d'un instant, la chambre intime et universelle, au coeur la colonne, l'axe du monde...
Création 2004. Compagnie Vis Fabula en co-production avec le T.N.N.
Cette réalisation est sans doute la plus forte et la plus enrichissante de toutes mes expériences de metteur en scène. J'ai rencontré ce texte comme on prend une claque et je sais qu'il me faudra y revenir. Un puit sans fond d'émotions, d'intelligence, de finesse. Une vue de l'humanité tendre et sans complaisance.
Ce que j'ai raconté, cest avant tout la rencontre si complexe des deux mondes : le masculin et le féminin. Cette rencontre absolument intime, dans la chambre
Ces deux hommes qui n'en sont peut être qu'un, qui font ce choix de s'exclure du monde des émotions pour se protéger, et qui finissent, à force d'abstraction par douter de leur propre existence. Marie, épuisée, au bord du gouffre de la folie à force de vivre, d'aimer, d'avoir faim et de n'être jamais rassasiée d'amour, qui aimerait pouvoir renoncer aussi, mais qui ne peut résister à la vie. Il y a ces hommes qu'elle a aimé, raté, pas compris, il y a ces femmes qu'elle a connu, des parts d'elle même disloquée, des morceaux de féminité exacerbée et toujours cette opposition/attraction entre ce qu'on pourrait appeler la paix et la vie. le monde masculin et le monde féminin. " Le Temps et la Chambre " c'est cette quête dont personne ne trouve le graal...
Cette création m'a confrontée directement à mes propres limites. J'ai commis quelques erreurs sur la scénographie notemment, sur les costumes, j'ai eu des moyens supplémentaires et en même temps pas tout à fait suffisant pour faire les choix que je souhaitais réellement faire. L'interprétation des comédiens et comédiennes a été remarquée et appréciée à sa juste valeur, me semble t'il, la musique composée par Wilfrid Houssin l'a été également. Mais je garde ce sentiment de n'avoir pas pu aboutir ce travail d'ou mon envie certainement d'y revenir plus tard.
Cette création a marqué également la fin d'un pacours, l'envie de travailler avec d'autres personnes, ailleurs, l'envie d'un renouvellement, de nouvelle recherche artistique.